Si Muhammad Yunus est aujourd'hui connu comme le père du microcrédit, il l'est un peu moins concernant le social business, "son deuxième enfant", selon Emmanuel Marchant, directeur général de danone.communities. Le social business - ou entrepreneuriat social - obéit à deux principes : une "raison d'être sociétale" et une absence de dividende pour l'actionnaire qui récupéra plus tard son capital.
Danone.communities est la "rencontre" de Danone et M.Yunus. Avec, d'un côté, la mission de l'industriel positionné comme vecteur de santé pour le plus grand nombre par l'alimentation, et de l'autre, le social business. Afin de faire face à ces défis, le groupe agroalimentaire a deux mots d'ordre : "faire pour" (les populations démunies des pays en développement) et "faire avec" (les associations ou ONG) d'où l'appellation "communities". Pour financer ses projets, Danone a créé un fonds (indépendant du groupe), sous forme de Sicav à destination du grand public, dans laquelle 10% sont investis dans des projets à hauts risques et à faibles retours.
- Des projets au Bangladesh, au Cambodge et au Sénégal -
La première initiative portée par danone.communities date de février 2007 et se met en place dans le pays de Muhammad Yunus, le Bangladesh, dont la moitié des enfants souffre de malnutrition. Danone lance le yaourt Shokti+, renforcé en zinc, fer, iode et vitamine A, vendu à six centimes d'euro. Le succès est immédiat. Il s'en vend aujourd'hui un million de pots par mois.
Le deuxième projet, au Cambodge, soutient l'ONG 1001 fontaines, aspirant à devenir un social business. Cette organisation apporte de l'eau potable, de façon durable, aux populations rurales du pays grâce au développement d'un système de traitement de l'eau alimenté par de l'énergie solaire.
Le troisième projet : La Laiterie du Berger, est au Sénégal et tente de valoriser la production par les éleveurs Peuls de lait frais qui n'a jamais accès à aucun marché.
Deux ans après leur première initiative, Emmanuel Marchant est admiratif du "nombre de choses inventées qui sont des ferments de solution pour l'avenir", mais conscient de la difficulté de faire vivre et prospérer ces social businesses. "Le Bangladesh ne justifiera les investissements humains réalisés au départ qu'à la quinzième usine", estime-t-il. Danone.communities commence à observer de premiers résultats concrets, les initiatives se répliquent. Emmanuel Marchant est convaincu que danone.communities va continuer à grandir chez Danone car le projet est une "source d'inspiration et d'aspiration" et donne du sens à la mission première du Groupe. Aujourd'hui, le fonds pèse 73 millions d'euros et un employé de Danone sur quatre y a investi de l'argent.
Par Laura Marzouk
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