Des jardins paysagers pour dépolluer les sols, l'eau ou même l'air. L'idée est séduisante, et maintenant réalisable. En France, la société Phytorestore développe et commercialise des jardins filtrants, un concept breveté qui permet de restaurer les milieux pollués en deux ans de traitement.
La capacité des plantes à dépolluer est étudiée depuis déjà plusieurs années, sous le terme générique de phytoremédiation. Cette notion anglo-saxonne est basée sur la capacité d'accumulation des métaux lourds par certaines plantes. "La technologie développée par Phytorestore est différente. Nos jardins filtrants dégradent les polluants organiques et piègent les molécules non biodégradables", indique Thierry Jacquet, directeur de la société. Ce dernier préfère d'ailleurs parler de phytorestauration. Les végétaux utilisés, choisis pour leur tolérance au stress, sont ensuite valorisés en énergie ou compost. "Notre technologie permet de dépolluer les sols, l'eau ou l'air, et ce, pour un très large spectre de polluants, que ce soit des hydrocarbures ou des métaux lourds", ajoute le directeur.
- La France prend du retard -
Créé il y a trois ans, Phytorestore travaille en partenariat avec quatre équipes du CNRS et réalise entre 20 et 40 projets par an. Le segment de marché le plus développé est celui de l'eau (bassins de roseaux pour traiter les eaux usées par exemple). "Il existe une véritable prise de conscience sur cet enjeu et le contexte réglementaire est favorable, contrairement aux deux autres secteurs", témoigne Thierry Jacquet. Le sol est encore peu considéré comme un bien rare et précieux. Quant à l'air, "les problématiques de pollutions atmosphériques ont été complètement occultées par le CO2 et le changement climatique", regrette le directeur. Pour l'instant, ce dernier créneau concerne surtout des stations d'épuration qui souhaitent désodoriser l'air vicié.
Ecologiques et économiques (moins chers que les traitements classiques), les jardins filtrants peinent toutefois à décoller. "Les acheteurs préfèrent souvent les solutions éprouvées aux innovations. Mais il y a aussi en France un vrai barrage administratif", dénonce Thierry Jacquet. La société commence d'ailleurs à travailler avec l'étranger (Chine, Océan indien, pays du Maghreb, pays de l'Est). "L'accueil est beaucoup plus favorable et les contraintes bien moins nombreuses", souligne t-il. Ces nouveaux jardins à la française se développeront-ils surtout à l'étranger ?
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