Principale cible de Schneider Electric : les bâtiments, consommateurs de la moitié de l'électricité sur l'ensemble du portefeuille disponible. Améliorer leurs performances énergétiques, "c'est un peu comme leur faire faire un régime", sourit Philippe Delorme, directeur général stratégie et innovation du Groupe.
Tout d'abord, il faut " une balance", des compteurs, afin d'évaluer leurs consommations. Ces mesures vont permettre d'imposer " une nourriture saine" aux bâtiments, et modifier les équipements ou en installer de nouveaux, moins gourmands en énergie. Schneider Electric souhaite également automatiser les modes de fonctionnement, à l'aide de technologies qui éteignent les lumières dès que la pièce est vide, par exemple.
En moyenne, il est possible de réduire sa facture énergétique de 30%. Schneider Electric, dont les clients principaux sont des distributeurs ou des énergéticiens, use de deux solutions. L'une est passive et vise à " traiter l'enveloppe" du bâtiment, comme l'isolation. L'autre est active avec la réalisation d'audits ou l'automatisation de l'éclairage. Mais à quels coûts ? La première solution est très efficace mais nécessite "de lourds investissements", admet Philippe Delorme, la seconde avance "à plus petits pas".
- Voiture électrique ? " Beaucoup de perturbations à prévoir" -
Difficile de parler énergie sans aborder les énergies renouvelables. Le solaire, l'éolien et la biomasse représentent aujourd'hui entre 3 et 5% de la production de l'électricité mondiale et devraient croître à hauteur de 15 à 20% d'ici 2030. " C'est à la fois beaucoup et pas assez", estime Philippe Delorme. Beaucoup, car les gouvernements, notamment des pays développés, les soutiennent fortement, mais pas assez car dans les pays en développement, 40% de l'énergie provient encore du charbon, relativement peu coûteux mais très polluant.
Et quid de la voiture électrique ? Si elle continue à se développer, elle "va beaucoup perturber les réseaux électriques", selon Philippe Delorme. Aujourd'hui, les transports consomment déjà 28% de l'électricité mondiale ; un développement des voitures électriques rimera avec un besoin croissant d'électricité.
L'évolution de la voiture électrique ne pourra pas avoir lieu sans deux instruments : le développement de la batterie "avec un coût et une fiabilité correcte" et des infrastructures du chargement "avec un nouveau business à inventer", auquel Schneider Electric aimerait participer. Pour Philippe Delorme, le monde énergétique est "le nouvel internet", comparable à la situation du web en 1997, avec dix ans d'innovation à venir.
Par Laura Marzouk