Quand Muhammad Yunus crée son programme de microcrédit au Bangladesh à la fin des années 80, il lui donne le nom de "Grameen", qui signifie "village". C'est en 1983 que la "Grameen" obtient le statut d'établissement bancaire et devient la "Grameen bank" : la banque des villages. Et Jean-Luc Perron, délégué général de la Fondation Grameen Crédit Agricole, de rappeler que l'origine du Crédit Agricole, "c'est aussi un peu la banque des villages " de par son activité au service du monde agricole depuis la fin du XIXe siècle.
C'est pour lutter contre la pauvreté dans les pays en développement, "qui n'est pas une maladie génétiquement transmissible, ni une fatalité mais une injustice qui peut être combattue, entre autres, par les pauvres eux-mêmes" que la banque verte crée sa Fondation Grameen Crédit Agricole, sans but lucratif, en 2008.
Pour sortir de leur extrême pauvreté, les plus démunis ont besoin d'un minimum de moyens financiers afin de développer des "micro activités génératrices de revenus". Ces activités ou services, qui peuvent être un étal d'épicerie, un vélo-taxi, une machine à coudre, auront comme caractéristique principale de " générer des revenus récurrents".
- " Dix millions d'euros engagés dans sept pays" -
Même si la Fondation est une entité à part, la banque Crédit Agricole lui a fait une donation de 50 millions d'euros, pour apporter des moyens de financements à des institutions de micro finance (IMF) dans le monde. A la différence d'une institution de microcrédit (dont les prêts s'élèvent entre 200 et 300 dollars en moyenne), la microfinance propose également d'autres services financiers comme la micro épargne ou la micro assurance, "qui sont peut-être même la priorité", explique Jean-Luc Perron. " Car aujourd'hui, il faut marcher sur deux jambes : encourager l'esprit d'entreprise mais aussi apporter les moyens d'une épargne de précaution et de système d'assurance ", précise-t-il.
Les institutions concernées, principalement en Afrique sub-saharienne, sont de taille intermédiaire, et ont un accès difficile au financement local ou international. Même si les prêts s'adressent à une population démunie, il existe un taux d'intérêt car " le microcrédit est un crédit cher" justifie Jean-Luc Perron. L'idée étant que les institutions deviennent auto-suffisantes. Si le taux moyen de la microfinance est à 28%, sur des sommes très faibles et des périodes très courtes, la Fondation pratique des taux d'intérêt "au plus bas du marché observé". Au Mali, pas exemple, il est de 7,5% en francs CFA, à savoir 4% ramené à l'euro. Après un an d'existence, la Fondation a engagé dix millions d'euros pour huit projets dans sept pays différents.
Par Laura Marzouk
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