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Le Grenelle ne soufflera pas sa première bougie dans un climat apaisé. La ministre de l'Environnement sous le gouvernement Juppé, Corinne Lepage, revient sur les débats récents autour de la fiscalité écologique et nous confie son inquiétude de ne pas voir se concrétiser les mesures prises en octobre dernier. (ECOlife) Le Grenelle, un an après, donne t-il des résultats satisfaisants ? (Corinne Lepage) Nous sommes en face d'une grosse bagarre, encore plus profonde que ce que j'avais supposé. Et ce, à plusieurs niveaux.
Le gouvernement est-il prêt à y contribuer ? L'actualité récente nous a montré combien le jeu de Bercy était puissant. Il consiste à présenter la fiscalité environnementale comme punitive. Or dans ce contexte de crise, personne ne veut être taxé. Et les socialistes ne souhaitent surtout pas être considérés comme des taxeurs. La polémique née autour de la taxe pique-nique est un très mauvais procès au ministre de l'Environnement car il s'agissait, à la base, d'étendre la Taxe générale sur les activités polluantes, au plastique. Mais elle a été victime d'une désinformation orchestrée par Bercy qui a fait exploser en vol le projet Borloo. Les anti-Grenelle n'ont pas compris ce qui était en train de se passer. C'est un problème culturel !
Comment allons-nous sortir de cette crise ? Nous traversons une phase d'obscurantisme. La troisième révolution industrielle est en marche, mais au même moment, le système économique et financier s'effondre. La seule voie possible est la sortie par le haut, qui consiste à transformer notre économie en éco-économie. Si nous ne faisons pas cela, nous ne ferons qu'accroître notre retard déjà colossal. L'économie réelle va devoir trouver les moyens de sortir du cercle infernal en terme de crise écologique et de la civilisation pétrolière. La priorité est désormais de donner des signaux forts dans cette direction. Condamner le bonus-malus n'en est évidemment pas un.
Quel message souhaitez-vous faire passer aux Français en proie au doute ? Nous vivons dans un pays un peu désespérant. Nous avons pourtant tous les outils pour être heureux mais n'y parvenons pas. Le vrai problème des Français est leur incapacité à se projeter dans l'avenir. Nous avons un rapport au temps très complexe. En outre, à force de se sentir trahis par le gouvernement, les gens n'ont plus confiance. Or il faut comprendre que le Grenelle est une chance, pour l'économie, de s'en sortir. Propos recueillis par Julie Renauld |
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