La virtualité d'Internet fait parfois oublier que des machines tournent en permanence pour faire fonctionner la multitude de sites existants. Un serveur consomme à lui seul 3,2 kWh par jour, soit six fois plus qu'un congélateur. Et il faut parfois plusieurs serveurs pour faire fonctionner un seul site ! A la vitesse où se déploie la toile, la consommation en électricité de ce qu'on appelle les fermes informatiques pourrait devenir pharaonique. Aujourd'hui, elle atteint déjà 2% de la facture d'électricité en France (lire IBM anticipe les nouveaux modes de consommation).
Pour faire face à cet enjeu, les hébergeurs se mettent au "green hosting" (hébergement vert) et innovent afin d'améliorer le bilan énergétique de leurs centres de données. Ils sont de plus en plus nombreux à investir dans les énergies renouvelables qui, à défaut d'alléger la facture, leur permettent déjà de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Google investit par exemple dans le solaire, avec comme objectif de produire 50 MW en 2012, "l'équivalent des besoins de 50 000 foyers", précise l'entreprise.
- L'avenir est dans le virtuel -
En France, la vague du green hosting commence à peine. Ikoula affiche toutefois une longueur d'avance. Propriétaire d'un centre de données à Reims, l'hébergeur français achète des certificats Equilibre auprès d'EDF, qui lui garantissent un minimum de 20 % d'électricité propre. Pour améliorer la performance énergétique de ses machines, Ikoula mise avant tout sur la virtualisation. La technique est compliquée (voire inaudible pour les non avertis) mais le principe est simple : faire tourner plusieurs serveurs virtuels sur un seul serveur physique. Au final, pour un même service rendu, la consommation en électricité est considérablement réduite. "En plus de 3 000 serveurs classiques, nous avons 1 000 serveurs virtuels qui tiennent sur 50 serveurs physiques", précise Arnaud Tayac, directeur marketing et commercial d'Ikoula.
Autre point d'achoppement : la climatisation. Les salles de serveur nécessitent une température (autour de 22 °C ) et une hygrométrie stables (40 %). Résultat, la climatisation tourne toute l'année, soit pour refroidir, soit pour humidifier ou assécher. "La climatisation représente 25 % de notre facture", estime Arnaud Tayac. Pour réduire les besoins, la tendance est au "free cooling", à savoir favoriser les échanges thermiques naturels.
A quand des salles de serveurs qui chauffent des écoles ?
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