Mettre en route une station d'assainissement, poser des éoliennes ou dresser le bilan carbone® d'une entreprise sont autant de nouveaux métiers, méconnus il y a encore 15 ans. Destinés à réduire l'impact environnemental des entreprises et des secteurs économiques, les emplois verts sont considérés, avec de plus en plus d'insistance, comme l'une des réponses les plus plausibles à la crise économique mondiale. Selon les projections de l'Union européenne, de l'Organisation des Nations Unies ou encore de l'Organisation Internationale du Travail (OIT), au moins 100 000 emplois seront créés par an d'ici 2020.
Un minima plutôt qu'un chiffre exact. "Calculer au millier près le nombre d'emplois créés ou supprimés, en France et ailleurs, par le développement durable, n'est pas possible", selon Emilie Salesse-Gautier, chargée des questions de formation et d'emploi au Comité de Liaison Energies Renouvelables (CLER). Ces cinq dernières années dans le monde, 2,3 millions de personnes ont trouvé du travail dans le seul secteur des énergies renouvelables, selon l'OIT.
"Des millions d'emplois naîtront très certainement du green business, mais il ne faut pas oublier ceux qui seront détruits", analyse Emilie Salesse-Gautier. Sous l'impulsion du développement durable, les secteurs de l'automobile, de la sidérurgie et des énergies fossiles risquent de restructurer leurs activités et de licencier des centaines d'employés. Intitulée "moins 30% de CO2 = plus 638 000 emplois, l'équation gagnante pour la France", l'étude publiée par WWF se base sur les objectifs à atteindre et y projette le marché de l'emploi d'ici à 2020. En pondérant les créations d'emplois par les disparitions, l'étude établit l'effet net sur l'emploi du développement durable. 684 000 emplois pourraient voir le jour si la France atteint ses objectifs et réduit de 30% ses émissions de CO2, d'ici 2020.
- La transition mondiale vers les bâtiments économes en énergie verdira près de 111 millions d'emplois existants -
"Des secteurs en souffrance, comme l'automobile trouveront leur salut et des alternatives essentielles au renouvèlement de leurs activités grâce au durable", assure André Antolini, président du syndicat des énergies renouvelables (SER). Le nombre de postes dans les énergies alternatives pourrait dépasser, d'ici 2030, les 2 millions dans l'éolien et les 6 millions dans le solaire thermique. "Artisans et sous-traitants sont directement concernés par le développement des énergies propres", explique André Antolini.
Les profils BEP, CAP, Bac +2 seraient les plus recherchés ces derniers mois. "Ils correspondent à des postes manuels et répondent concrètement aux besoins des particuliers et des entreprises", décrit Emilie Salesse-Gauthier. Selon l'OIT, le marché mondial des produits et services écologiques devrait doubler et passer à 1 954 milliards d'euros d'ici à 2020, contre 975 milliards en 2008. Dans le bâtiment, la transition mondiale vers des bâtisses économes en énergie promet de verdir près de 111 millions d'emplois existants.
Selon l'Organisation Internationale du Travail, les énergies renouvelables génèrent davantage d'emplois que les énergies fossiles, depuis 2008. Le Roi est mort, vive le Roi !
Par Marie Varasson