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Sale temps pour le carbone !
1er février 2010. - Copenhague ne fut pas un échec. Qu'on se le dise. Même si on a oublié de nous l'expliquer. L'opinion prend le retour penaud et bredouille des négociateurs comme un "lâche soulagement" : encore quelques minutes, monsieur le bourreau ! Mais l'espérance d'une signature mondiale était très naïve. Cela fait longtemps que les rapports de force sur la planète ne sont plus dans la main de l'Europe. Pour autant, les Chinois sont parmi les plus actifs dans les énergies renouvelables. Les Américains ont trouvé une nouvelle frontière dans l'efficacité énergétique. L'Afrique est prête à monnayer ses espaces vierges. Le marché est plus fort que l'ONU. La lutte contre l'effet de serre est partie par le bas et non pas par le haut. La première pour nous Français est de nous sortir par le haut du guêpier de la taxe carbone. C'est ni plus ni moins le système européen des quotas qui est en jeu. Nos partenaires nous pardonneraient difficilement une remise en cause. Et on est loin d'y substituer la taxe aux frontières. Il faut sans tarder retrouver un consensus, sur le principe et sortir du marchandage sur les détails. Première bonne nouvelle : on va redonner aux branches industrielles, concernées par le marché des quotas, un rôle de proposition. Cela vaudrait aussi pour la loi Grenelle 2 qui est aujourd'hui sur le bureau de l'Assemblée et sur laquelle les lobbies veulent revenir. Voir la question de la gouvernance RSE. Pour éviter ces retour en arrière, il serait bien de rouvrir les salles de conférence, de remettre les chaises, de rappeler les participants, et de poursuivre ces dialogues de bonne volonté. N'ayons pas peur de parler carbone, et du reste. Pour que les changements à faire ne se carbonisent pas au moindre coup de chaleur. Ou de coup de froid! Par Patrick D'Humières |
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