Depuis plus d'un an Solar Tree parcourt les quatre coins de l'Europe. Présenté à Milan, Vienne et Paris, ce candélabre solaire est né d'un partenariat entre Artémide, société italienne de luminaire et Sharp Solar, filiale du géant japonais Sharp. Sur cinq mètres de haut pour un diamètre de quatre mètres, l'arbre déploie à l'extrémité de chacune de ses branches une tête lumineuse composée de 38 capteurs solaires. Un système de batterie et un mécanisme électrique alimentent 22 LEDs et diffusent la lumière. "Un projet qui célèbre le design, l'art et la nature", selon son concepteur Ross Lovegrove, et intéresse déjà Shanghai, Amsterdam et le Futuroscope de Poitiers.
"Pour des raisons économiques nous avons reporté le projet à septembre 2009, mais Solar Tree n'est pas abandonné", explique Alain Taillandier, directeur général France d'Artémide. Avec un prix de vente de 100 000 euros, l'arbre solaire ne se positionne pas sur le même marché que Windela (voir l'article : Le lampadaire Windela fonctionne aux énergies renouvelables) et autres lampadaires de rue écologique, vendus moins de 10 000 euros aux mairies et aux collectivités territoriales. "Le Solar Tree est un objet de décoration, il agrémente l'extérieur", constate Walter Cartolaro, chef de produit chez Windela. "Sa fonction n'est pas de se substituer aux éclairages urbains classiques, ce n'est pas un concurrent de nos produits".
- "90% des émissions de CO2 du secteur sont dues au fonctionnement des centrales qui produisent l'électricité" -
Sur le plan technique, l'arbre solaire affiche une durée de vie de 60 à 100 000 heures, une performance honorable. Ses concepteurs espèrent améliorer ses qualités techniques, mais rappellent le coût encore élevé des cellules. "L'ouverture d'un marché permettra de diminuer le prix de nos arbres solaires par deux ou trois d'ici quelques années", estime le directeur général France d'Artémide.
A l'horizon 2030, l'éclairage sera responsable de la moitié des émissions de CO2 attendues dans le monde. "Beaucoup de nos clients sont en Chine. La pollution est très élevée dans les villes du pays et motive de nombreux investissements dans des produits moins énergivores", explique Alain Taillandier. Mais les éclairages seuls ne résoudront pas tous les problèmes, dans la mesure où "90% des émissions de CO2 du secteur sont dues au fonctionnement des centrales qui produisent l'électricité", selon Georges Zissis, président régional de l'Association Française d'Eclairage Midi-Pyrénées.
Fabriqués dans des usines européennes, en Italie et en Hongrie, entre autres, les Solar Tree s'adressent, pour l'instant, à une "élite du concept lighting". Création artistique et développement durable font désormais bon ménage, au bénéfice de Dame Nature.
Par Marie Varasson