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Le crépuscule des dieux
15 septembre 2008. - A l'heure où la quatrième banque d'affaires américaine, créée en 1850, aura disparu après moins d'une semaine de crépuscule, il est intéressant de regarder à l'opposé du prisme comment se portent les économies dites émergentes. Comment peuvent bien survivre les plus faibles quand les dieux, eux-mêmes, chutent de leur olympe ? Il est toujours difficile - voire dangereux - de généraliser une observation micro économique qui est en vérité macro économique. Je ne peux néanmoins m'empêcher de partager avec vous ma rencontre avec une entreprise implantée dans ces pays émergents, qui sont l'unique sel du métier de banquier, par ailleurs plutôt aride. A la question "sensibilité à la variation de prix des matières premières ?", il m'a été répondu : prise en compte du pouvoir d'achat des populations et provision à effet d'amortisseur cofinancé par les gouvernements locaux associés à la gestion de l'entreprise. Loin, bien loin de la volatilité des marchés. A la question "Coeur de métier ?", il m'a été répondu : intégration de l'ensemble de la chaîne de production. De la réparation des routes à la construction des écoles pour les enfants d'employés. Loin, bien loin des restructurations et des recentrage sur les "pure players" (entreprises focalisées sur un domaine d'activité particulier). A la question "Développement durable ?", il n' y a pas eu de réponse, le mot était inconnu ou incompris. Quand, en précisant la question, j'ai parlé de la rareté de l'eau dans les pays où l'entreprise était implantée, les dirigeants ont compris et m'ont alors parlé des systèmes de récupération d'eau et de goutte à goutte que la société avait développés et mis en place depuis des décennies. En conclusion - et peut-être le plus étonnant - lorsque j'ai abordé la question de la rentabilité, des investissements et des moyens de communication, il m'a été répondu : un EBIT (résultat d'exploitation) structurel supérieur à 13%, au double de ses comparables européens, un renouvellement de l'ensemble de l'appareil productif dans les cinq prochaines années et un système de gestion en intranet en temps réel ouvert à tous les employés. Quant au nom de la société, je ne vous la donnerai pas, le banquier garde ses secrets, mais vous la connaîtrez bientôt, en exclusivité pour ECOlife.
Par Jean Maisonneuve, banquier d'affaires |
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